r Juste une illusion
Olivier Nakache, Éric Toledano, France, 2026o
1985. Vincent, bientôt 13 ans, vit en banlieue parisienne dans une famille de la classe moyenne, entre un grand frère distant et des parents en conflit permanent. Alors qu’il n’est plus tout à fait un enfant sans être encore devenu un adulte, le jeune adolescent cherche de trouver sa place dans le monde, tiraillé entre ses questions et ses doutes sur l’identité, l’amitié, la famille, la religion, le désir et ses premiers élans amoureux.
Duo de choc, Olivier Nakache et Éric Toledano comptent parmi les réalisateurs français les plus populaires, chiffres à l’appui (près de 1,5 millions d’entrées en Suisse pour Intouchables). Spécialistes du genre du binôme masculin – François Cluzet et Omar Sy dans le film susmentionné, Vincent Cassel et Reda Kateb dans Hors normes, Pio Marmaï et Jonathan Coen dans Une année difficile – les cinéastes changent de formule dans leur nouvel opus, où ils travaillent la forme chorale et s’essaient à un registre plus intime. Car ce sont leurs souvenirs d’enfance qui dictent la matière de Juste une illusion, récit d’apprentissage noué autour d’un adolescent de treize ans grandissant en banlieue parisienne au milieu des années 1980. Entre son frère aîné aux goûts musicaux affirmés, ses parents (Camille Cottin et Louis Garrel) à la relation souvent houleuse et l’approche de sa bar-mitzvah, le jeune Vincent tente de se faire sa place dans le monde, transporté par ses premiers émois amoureux. Recyclage de formes, Juste une illusion tient autant de la compilation de tubes des années 80 que de l’hommage à la comédie à l’italienne, évoquant également certaines réalisations précédentes du duo – on pense à Nos jours heureux, film générationnel sur l’adolescence, ainsi qu’au Sens de la fête, autre œuvre portée par l’énergie du collectif. Comme souvent, les cinéastes surprennent par leur aisance à changer de registres, passant avec fluidité de l’évocation du chômage endémique qui assombrit la décennie à la joie de gagner le gros lot à un concours à la radio. Bref, on rit autant qu’on pleure, on s’engueule avant de se réconcilier, comme dans la vie, comme dans un film. Autrement dit, un mirage de la vie. Ou plutôt, juste une illusion.
Emilien GürGalerie photoso
